J’adore la série Splinter Cell d’Ubisoft. Sam Fisher et ses allures de dur à cuir rendent l’expérience très immersive et crédible. Cependant, dans les itérations précédentes, la pénombre et la noirceur nous empêchaient de profiter et déguster le bonbon visuel offert par le graphisme des environnements superbement reproduits. Pas dans Double Agent, non seulement les décors surprennent par leurs richesses, mais l’action et les choix moraux auxquels nous sommes confrontés, ébranlent.
Dans Splinter Cell Double Agent (Ubisoft Shanghai) Sam doit infiltrer un groupe terroriste avec des dessins peu reluisants pour l’humanité. Le John Brown’s Army (JBA), inspiré par le révolutionnaire américain du dix-neuvième siècle, prépare une attaque vicieuse. Fisher entre alors en jeu afin d’éliminer la menace, mais de l’intérieur. Émotionnellement chaviré par la mort de sa fille, renversée par un chauffard, Sam est dangereux. Oui, la fugacité et la furtivité occupent depuis toujours, une grande place dans la vie du meilleur agent de la NSA. Mais, de le voir évoluer sous l’eau ou encore au sein d’une prison pleine d’émeutiers rajoute beaucoup aux plaisirs immersifs de Double Agent. Ces missions stressantes, en plein jour, forcent le joueur à faire preuve d’ingéniosité et parfois même de malice. Confronté à des choix moraux, Fisher devra prendre des décisions délicates. Afin d’établir et de renforcer sa couverture, il devra décider ou non d’éliminer parfois des innocents.  Cette pratique ne fait pas partie des normes de l’agence qui l’embauche. Par contre, s’ils les éliminent, sa couverture deviendra plus crédible aux yeux des terroristes. Ces choix moraux, parfois difficiles à accomplir, provoquent certains malaises, selon nos valeurs : Bravo Ubi! J’ai trouvé habile l’implémentation des jauges de confiance au bas de l’écran. L’une d’elle réfère à la confiance de la NSA, l’autre représente la perception qu’ont de nous les terroristes. Ces indicateurs de confiance pourraient avoir davantage d’influence sur l’issu de la partie. Par moment, on doute de leur impact réel sur l’issue des missions. Ces dernières, variées, avec limite de temps, forcent le joueur à agir de façon concise et précise. Allons-nous exécuter les missions secondaires en premier ou tenter d’exploiter un maximum de temps en réalisant la mission principale ? La décision nous revient et la résultante aura une influence sur notre destin dans le jeu. Plusieurs dénouements s’offrent à nous dans Double Agent, plusieurs fins possibles. Notre façon de jouer et nos actions détermineront le punch final. L’armement et les gadgets d’agents secrets occupent encore une place de choix dans les bagages de Sam. La panoplie habituelle d’outils servira au succès des nombreuses missions. La mini caméra, par exemple, devient un outil indispensable avant d’ouvrir une porte. Il suffit de la glisser sous la porte afin de voir s’il un ennemi la garde. L’observation des lieux physiques reste primordiale dans la série Splinter Cell, Il faut aussi écouter les conversations des ennemis. Souvent révélatrices d’indices, elles rendent parfois la résolution d’énigmes plus faciles. La montre de Fisher permet de voir les lieux en 3D afin de s’orienter dans des lieux qui regorgent de recoins. La carte devient précieuse, surtout dans les moments où nous sommes perdus. Les puzzles, de calibres variés, offrent un bon défi. Attendez de placer les détonateurs dans les mines : vous m’en donnerez des nouvelles.
J’ai apprécié l’interface allégée. Notre écran dénudé met en valeur l’esthétisme des décors. Désormais, aucun indicateur de visibilité ou de santé ne meuble l’écran. À la place, des témoins lumineux sur le corps de indiquent, à l’aide de couleurs (Vert, jaune et rouge), s’il y a danger ou non. Cruciale dans ce genre de jeu, l’intelligence artificielle surprend, mais avec quelques ratés occasionnels. À certains moments, nos ennemis semblent posséder une vision rayon X. Ils arrivent à nos débusquer même derrière l’opacité d’un bureau ou d’une cloison. À d’autres moments, j’ai eu le goût de faire appel à Mira tellement ils semblaient aveugles ! Heureusement, ces situations ne se produisent qu’occasionnellement. Le jeu, un peu court, nous laisse sur notre appétit. Une dizaine d’heures suffiront pour compléter l’aventure de Fisher. Ubisoft offre un jeu novateur sans sombrer dans un remake de l’itération précédente (Chaos Theory). Malgré tout, Splinter Cell Double Agent demeure un excellent jeu. Ubisoft continu de faire évoluer la licence. J’ai bien hâte de mettre la patte sur la prochaine aventure de Fisher présentement en développement et dont le titre de travail serait ‘ Conviction’. À suivre. |